Description de l'intervention d'amplitude de mouvement assistée active (AA/ROM)
L’amplitude articulaire active-assistée (AA/ROM) combine la contraction active des muscles impliqués dans l’articulation – souvent l’amplitude de mouvement maximale générée par l’amplitude articulaire active (AROM) – et une force externe, l’amplitude articulaire passive (PROM), qui aide ensuite l’articulation à atteindre une plus grande amplitude. Le thérapeute peut toutefois moduler le pourcentage du mouvement total généré par la contraction active, ainsi que celui généré par l’assistance externe. L’importance de chaque contribution varie selon la situation du patient. L’ AA/ROM est particulièrement importante car elle permet une évaluation combinée de l’amplitude articulaire, du contrôle, de la force musculaire et de la volonté du patient d’effectuer certains mouvements.
L'amplitude articulaire (AA), active ou passive, mesure la capacité d'une articulation à effectuer l'ensemble de ses mouvements. L'AA active (AAA) correspond au mouvement articulaire produit par la contraction et la relaxation musculo-tendineuses, généralement d'un muscle volontaire.<sup> 3,4 </sup> L'amplitude articulaire passive (AAP) reflète le mouvement articulaire disponible induit par une force passive externe, telle que les mains d'un praticien, la gravité, un dispositif d'assistance ou une machine (cette liste n'est pas exhaustive). L'intensité de la force externe influence l'AAP.<sup> 3 </sup> Le terme « amplitude articulaire de couple » (AAC) désigne la force appliquée par le praticien ainsi que le point d'application sur le membre (bras de levier).<sup> 5 </sup> Fréquemment, l'AAA est différente de l'AAP. En cas de différence, l'AAP correspond à la plus grande des deux amplitudes de mouvement.
Indications d'intervention
Les limitations de l'amplitude articulaire peuvent avoir un impact considérable sur la capacité d'un patient à accomplir les activités de la vie quotidienne telles que manger, s'habiller et se laver. Elles peuvent également nuire à ses activités professionnelles et de loisirs.² Chez les patients présentant des limitations de l'amplitude articulaire, les exercices de mobilisation sont considérés comme un élément essentiel d'une stratégie de réadaptation.
L'ordre de prescription des différents exercices d'amplitude articulaire dépend de l'état spécifique du patient. Le thérapeute peut commencer par des exercices passifs, puis progresser vers des exercices actifs-assistés, puis actifs. L'état des tissus peut indiquer que le thérapeute prescrive l'ordre inverse, les exercices de mobilisation passive étant contre-indiqués jusqu'à un stade précis de la cicatrisation. En définitive, l'approche retenue sera celle présentant le plus faible risque d'aggravation de la douleur ou d'atteinte à l'intégrité tissulaire.<sup> 3,6,7 </sup> Les exercices d'amplitude articulaire peuvent constituer une forme de facilitation neuromusculaire proprioceptive, dans laquelle le muscle cible est activement allongé par la contraction de son antagoniste. Ces exercices se sont révélés plus efficaces que les étirements statiques pour améliorer l'amplitude articulaire.<sup> 1</sup>
Évaluation pour déterminer le besoin d’intervention
L'évaluation objective de l'AROM et du PROM est essentielle pour sélectionner les traitements appropriés et pour évaluer l'efficacité de la thérapie.
En général, un thérapeute utilise un goniomètre pour mesurer l'amplitude articulaire active (AROM) ou passive (PROM). Un goniomètre à bras court est recommandé pour les articulations des doigts, un goniomètre standard pour le poignet et éventuellement le coude, tandis qu'un goniomètre à bras long est recommandé pour l'épaule et le coude. Des électrogoniomètres peuvent également être utilisés pour mesurer l'amplitude articulaire des doigts. Une règle droite permet de mesurer efficacement la distance entre le bout des doigts et la paume , ou entre le bout du pouce et une cible précise.
Le thérapeute peut choisir d'évaluer tous les plans articulaires cardinaux ou de prioriser ou de reporter certaines mesures de mobilité. La comparaison avec le côté sain, si disponible, fournit des informations importantes concernant la mobilité normale du patient.² Les liens suivants vers la bibliothèque de chapitres d'examens fournissent les valeurs généralement acceptées pour l'amplitude articulaire normale. (Examens et signes // Amplitude articulaire active et passive) Lors de la mesure de l'amplitude articulaire d'une articulation, le thérapeute doit stabiliser les articulations proximales de manière constante.³
Les thérapeutes mesurent rarement les AA/ROM. Ils utilisent un jugement sur la quantité d'AROM et de PROM qui bénéficiera à un patient à un moment donné de la rééducation. Si l'exercice a un objectif final spécifique, tel que le contact avec la paume, ils peuvent utiliser ce point final comme mesure objective de l'efficacité de l'exercice.
Si les mesures d'amplitude articulaire du patient ont changé depuis une consultation précédente, le thérapeute note la cause apparente de ce changement. En cas d'amélioration, le clinicien note le respect des composantes du programme telles que les exercices à domicile, le port d'orthèses ou la modification des activités. Si le changement correspond à une régression, la note de traitement mentionne les causes possibles : douleur, augmentation de l'œdème, raideur ou autres facteurs causaux.
Options d'intervention
Après avoir identifié le ou les déficits spécifiques d'amplitude articulaire active (AROM) et/ou passive (PROM), le clinicien élaborera un programme de traitement personnalisé visant à améliorer l'amplitude articulaire en fonction du délai écoulé depuis la blessure ou l'intervention chirurgicale et de l'état de cicatrisation tissulaire. Ce programme personnalisé tiendra également compte des déficits moteurs spécifiques du patient, de ses capacités fonctionnelles et des objectifs généraux du traitement. Le thérapeute pourra choisir parmi une variété d'exercices d'amplitude articulaire active-assistée et devra sélectionner ceux que le patient est capable de réaliser de manière autonome sans provoquer de douleur importante. Pour chaque exercice, le thérapeute, le patient, la gravité et un dispositif d' assistance tel qu'une cheville ou une machine assisteront le patient dans une mesure déterminée tout au long de l'amplitude articulaire indiquée.
Quels que soient les exercices prescrits, l'objectif principal est toujours d'aider le patient à retrouver une amplitude articulaire active normale de la ou des articulations touchées. Le thérapeute doit suivre régulièrement les progrès du patient tout au long du programme de traitement, en portant une attention particulière aux variations de la douleur, de l'œdème, de la proprioception et des schémas de mouvement, en plus de l'amplitude articulaire active. À mesure que l'état du patient s'améliore, l'intensité, la fréquence et la durée des exercices prescrits doivent augmenter progressivement. Au fur et à mesure de la récupération, une résistance peut être introduite progressivement et le niveau d'assistance fourni peut être diminué. Le moment de l'introduction de la résistance dépend de la résistance à la traction des tissus lésés et de la réponse individuelle du patient au traitement.
Les thérapeutes peuvent prescrire des orthèses pour augmenter l'amplitude articulaire active. 3 Les orthèses conçues et fabriquées sur mesure peuvent offrir une amplitude articulaire active unique à différentes articulations du membre supérieur.
Diagnostics où cette intervention peut être pertinente
Les exercices d'amplitude articulaire (AA/ROM) peuvent s'appliquer à tout diagnostic entraînant une perte d'amplitude articulaire. La majorité des diagnostics présentés à un spécialiste du membre supérieur impliquent généralement une perte d'amplitude articulaire. Les limitations d'amplitude articulaire des membres supérieurs peuvent avoir diverses causes, telles qu'une blessure aiguë ou de surmenage, l'arthrite, une faiblesse musculaire, des affections neurologiques, une inflammation ou une intervention chirurgicale.<sup> 2,3</sup>